Roxanne Fanny Corriveau

Vivre simplement

May 24, 2007

Quand Justin m’a quittée

Dans Amour — Roxy à 3:07 pm

Je me tenais accoudée à une table. Ma figure devait ressortir terriblement pâle et mes yeux affreusement cernés, les gens qui passaient près de moi, me lançaient de grands regards interrogateurs. J’essayais d’en sembler le moins dérangée possible. À vrai dire, je n’avais pas trop d’effort à le paraître. Chaque fois, un geste, une odeur ou une exclamation de rire me ramenait à lui. À me rappeler combien je pouvais le détester et l’aimer à la fois. Ça me faisait horriblement mal!

Je me levai donc et me dirigeai vers le bar. Le barman était en train de faire glousser de rire et rougir une petite brune. Pendant que le chum de celle-ci lorgnait les seins de sa voisine, blonde et plantureuse, en bavant. Ça me donnait envie de vomir! L’autre serveur finit par me remarquer et se pencha sur moi afin de prendre ma commande. Peu importe, me dis-je. Pourquoi pas une quatrième bière commerciale? Elle goûtait mauvais, mais elle produisait l’effet que j’attends d’elle, c’est-à-dire de m’engourdir lentement le cerveau pour arrêter de penser.

Je lui avais dit que je la quittais. Pas que je me sentais prêt à me retrouver seul, mais je la faisais souffrir et elle aussi. Je l’avais trompé pour la deuxième fois. Elle m’avait expliqué qu’elle pouvait passer par-dessus, qu’elle en connaissait la cause. Elle me rabattait encore que sexuellement elle était mal à l’aise et qu’elle savait que j’éprouvais des désirs. Mes yeux verts se sont remplis d’un sarcasme cruel. J’ai négligemment ri et elle m’avait giflée.

Je me suis mis en colère. Je lui ai dit qu’elle se trompait de raison et que je ne voulais pas partir à cause de celle-ci. Je lui expliquais que nous parlions à peine depuis un mois et pourtant nous vivions ensemble dans un petit deux et demi. Nous éprouvions un fichu conflit d’horaire! Elle travaillait de nuit et était toujours fatiguée et mon travail se passait de jour, en plus je sortais trop souvent le soir. Et puis, que je rencontrais des filles qui pourraient être présente pour moi, alors que je me débattais dans une relation qui était clairement finie depuis trop longtemps. Elle s’était mise à pleurer. Puis, elle était partie en claquant la porte et en criant que j’avais intérêt à ne plus me trouver ici à son retour.

Je n’avais pas envie de rentrer. Je savais qu’il y aurait des traces de lui partout et que je sentirais son odeur dans mes draps. Je m’imbibais de ma cinquième bière pendant que la petite télévision au dessus du comptoir montrait une publicité de Bleu où les gens semblaient s’amuser. Je levais la mienne à leur santé. Une femme furieuse m’accrocha en passant derrière moi et le verre tomba par terre. Tant pis; je devrais arrêter pour ce soir! Comme si je me devais de rester ici, le serveur vint essuyer ma table en m’en tendant une nouvelle. Il devait bien se divertir à me regarder me souler pour avoir remarqué ce qui était arrivé.

Je fourrais mes trucs dans un sac-poubelle. Je partirai comme j’étais arrivé, comme un vagabond. Je me déclarais que c’était ce que je restais; un itinérant du coeur et un mauvais poète. J’essayais de me sentir coupable de l’avoir trompé; je n’y parvenais pas. Elle s’était envoyé quelqu’un elle aussi, alors qu’elle me disait sans cesse ne pas aimer le sexe.

Je me répétais pour la millième fois qu’il ne pouvait pas partir comme ça. Et voulant effacer ces pensées, je regardais de nouveau le chum de la petite brune, maintenant en grande conversation avec une interminable rousse. Il avait posé sa main sur la cuisse dorée de celle-ci. Quel salaud! Puis, je me disais que je ne devais pas le juger, car j’étais sans doute pire, mais que moi, au moins, j’étais rongée de remords. Je câlais ma bière et me levais quand mon cellulaire sonna.

Elle gardait les clés de ma voiture depuis que la sienne se trouvait au garage. Je devais aller la rejoindre au bar à pied. Heureusement qu’il ne se situait pas très loin. Elle avait parlé la bouche pâteuse comme si elle avait déjà trop bu. Elle ne perdait pas de temps. Soudainement, je m’inquiétai que ça l’affecte plus que j’ai cru qu’elle le serait. Tout de suite en entrant je l’aperçus. Je me rappelai avec un pincement pourquoi je l’avais remarqué la première fois. Elle demeure toujours aussi resplendissante, malgré ses cernes, avec ses cheveux de feu. C’est fini, me dis-je un peu déçu! Je me dirigeai vers elle et mis doucement la main sur son épaule. Elle semblait un peu confuse à cause de l’alcool et perdit l’équilibre. Elle émit quelques mots incompréhensibles et me tendit mes clés. Mes yeux se remplirent de larmes.

J’étais tannée d’attendre. Je me suis levée et me suis retournée. J’arrêtai un moment étant désorienté par mes nombreuses consommations. Quand je me sentais enfin stable, j’avançais et percutais quelqu’un.

- Je suis vraiment désolée Monsieur, bafouillai-je en relevant la tête.

Il possédait les plus beaux yeux verts qu’il m’était arrivé de voir, mais il reflétait tant de tristesse. Je ne pus m’empêcher de vouloir l’aider. Justin était mort depuis deux ans aujourd’hui. Je devais l’oublier!

- Un verre peut-être?
- J’aurais surtout besoin d’un lit, dit-il avec un sourire crispé.
- Un canapé, ça vous plairait, questionnais-je avec une allure quelque peu aventureuse? Et un bon vin bien entendu!

Il me sourit enfin.

May 6, 2007

J’ai besoin

Dans Que des mots — Tags: — Roxy à 2:41 pm

J’ai besoin d’un petit moment magique,
Près de toi pour sentir tes lèvres,
Douces et chaudes contre ma nuque,
Pour que de légers petits frissons,
Doucement s’étendent le long de mon échine,
Et que mon coeur intensifie ses battements.

J’ai besoin de ce supplément tendre,
Qui me fait déborder d’amour,
Pour m’entraîner dans sa vague,
Afin que dans mes moments étourdis,
Je me raccroche à tes bras câlins,
Qui me rabattent dans tes rêves.

J’ai besoin de ces moments anodins,
Où je sens tes yeux sur mon corps,
Et l’espace se gonfler d’affection,
Pour que doucement j’aie une envie,
De tendre lentement ma main,
Anfin de toucher la moiteur de ta peau.

J’ai besoin que tu sois un peu joueur,
Que soudainement tu es une grande envie,
De me prendre dans une chasse invitante,
Où tes caresses les plus exquises,
M’incitent à me tourner vers toi,
Afin de les recueillir, plutôt que de fuir.

May 2, 2007

Sans cesse

Dans Fleur de peau — Tags: — Roxy à 2:37 pm

Pour Charle Martin

Ma cicatrisation ne se fait pas.
Toujours comme au premier jour,
Béante, je pense à toi,
Victime de mon indécision.
Et puis dans mes nuits,
Pourtant si froides de corps,
Tu me prends sans cesse,
Avec amour et plénitude,
Pour t’évanouir dans mes matins,
Où le quotidien reprend.
Dans mes mille routes,
Je vois tes yeux et ton sourire.
Dans mes mille rêves,
Je rage et tombe sous ma haine,
D’avoir encore perdu le chemin,
Qui me portait jusqu’à toi,
À mes réveils.


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