Roxanne Fanny Corriveau

Vivre simplement

July 8, 2008

En forêt

Dans Erotisme — Tags: — Roxy à 1:11 pm

Le temps passait lentement sur le petit village de —. Les gens étaient assis tranquillement sur leur balcon. Il jasait entre voisins. Personne ne semblait tellement stressé par la vie. Il faut dire que la majorité de la population était assez âgée. Amy occupait la majeure partie de son temps à se balader en forêt. Rêvassant du jour qu’elle allait quitter ce patelin pour la ville dés qu’elle le pourrait. Elle s’était retrouvée dans ce coin un peu par hasard. Elle venait de perdre son travail et apprit la mort de sa grand-mère maternelle. Elle lui léguait tous ces biens. Des objets qui n’étaient pas de très grandes valeurs, mais un secours inespéré. Elle trouva dans le village, un emploi dans un supermarché. Elle aimait bien la tranquillité de la région, mais rêvait de plus grand.

Quelques fois durant ses promenades, quand la chaleur l’accablait trop, elle s’arrêtait près d’un petit lac. Elle se déshabillait entièrement et se glissait dans l’eau froide pour se rafraîchir. Elle s’accotait derrière un rocher qui la cachait du chemin et des passants imprévus.

Cette journée-là, elle se sentait particulièrement tendue à cause de son travail. Elle entama doucement un massage pour ses épaules et son cou afin de se détendre. Ses anciens amants apparurent lentement dans ses pensées. Une de ses mains se faufila de sa nuque jusqu’à la rondeur d’un de ses seins. L’eau qui ballottait entre ses cuisses et les douces caresses qu’elle se prodiguait se sont rapidement mises à l’exciter. Son autre main descendue plus bas. Elle glissa entre les courbes de ses hanches et le bas de son ventre. Un petit vent léger et frais, lui administra quelques frissons qui ont eu raison de son contrôle. Elle libéra une de ses mains qui se dirigea vers l’intérieur de ses cuisses. La main frotta lentement le long de celles-ci passant quelques fois sur son sexe. Ses lèvres tendues à chercher des baisers qui restaient invisibles se retournèrent contre son épaule, laissant s’échapper de faibles gémissements. Un de ses mains massa avec un peu plus de pression un de ses mamelons et l’autre commença à presser plus fortement contre les lèvres de son sexe. Doucement son doigt s’engagea entre ses jambes suivant le mouvement de l’eau. Puis, l’autre main glissa partout sur tous ses membres qui ne cessaient d’exiger des caresses auquel elle me pouvait pas toujours répondre. Les gémissements n’arrêtaient plus de poindre de sa bouche. Et lentement, son corps fut pris d’un faible tremble et son sexe s’emplit d’une chaleureuse satisfaction. Elle laissa distraitement encore quelques minutes ses mains se balader sur sa peau. Elle se dirigea ensuite vers la berge pour rentrer chez elle. Quand elle rencontra des randonneurs dans le sentier, elle rougit légèrement et les salua.

August 18, 2007

Fausse impression

Dans Suspence — Tags: — Roxy à 5:31 pm

Amy avait fait deux pas dans la pièce mal éclairée. Elle était ici il y a quelques heures à peine et il y avait plein de gens qui riraient et parlaient fort. Pleins d’hommes qui lui offraient des verres. Elles devaient souvent les accepter avec un sourire et les laisser de côté tellement c’était fréquent. Ça faisait deux semaines qu’elle avait débuté son emploi de barmaid. Elle était déjà tannée!

Elle avait dû revenir, car elle avait oublié son portefeuille. En retard dans la salle des employés, elle se mit à hurler son soul. Son patron étendu par terre, du sang coulant sur son visage. Elle se retourna et partit vers le téléphone pour appeler les secours. Comme elle se sentait mal à l’aise dans le bar, elle sortit à l’extérieur afin d’attendre la police.

À leur arrivée, elle les apporta là où elle avait vu Jérémie étendu, mais il n’y était plus et qu’il n’y avait aucune trace de sang. Rien ne semblait être dérangé.

Le lendemain, elle entra travailler comme elle le faisait tous les jours. Au lieu que ce soit Jérémie, c’était Katrina, sa copine qui était là. Elle lui disait qu’il était malade et reviendrait sous peu, il avait besoin de vacances. Amy parla de sa soirée avec d’autres employés, mais il lui disait tout qu’elle avait bu beaucoup cette soirée-là, que son imagination devait lui jouer des tours.

Quelques jours plus tard, les photos de Jérémie disparurent. Puis, Katrina montra des photos d’un inconnu à la nouvelle barmaid en disant que c’était Jérémie, le propriétaire. Des photos de cet homme apparurent un peu partout dans la salle des employés. Après quelques mois, l’homme entra dans le bar, faisant comme si c’était Jérémie.

Aimy savait pourtant que ce n’était pas lui. Elle alla voir la police. Leur rappela l’événement qui était arrivé plutôt. Elle leur dit qu’elle avait vu Jérémie mort sans vie étendu sur le sol avec du sang sur le visage. Les policiers lui promirent de faire une enquête.

Des policiers se présentèrent au bar sur plusieurs fois. Ils posaient des questions aux employés, à Katrina et au présumé Jérémie. Puis, un jour, un policier qui ressemblait à l’image qu’Amy se faisait du vrai se présenta à elle. Il lui dit que Jérémie était bien le vrai, qu’il avait eu un accident récemment, mais que maintenant tout allait bien. Qu’il pourrait lui paraître étrange dans sa façon d’être à cause de celle-ci, mais qu’elle ne devait pas s’inquiéter!

May 24, 2007

Quand Justin m’a quittée

Dans Amour — Roxy à 3:07 pm

Je me tenais accoudée à une table. Ma figure devait ressortir terriblement pâle et mes yeux affreusement cernés, les gens qui passaient près de moi, me lançaient de grands regards interrogateurs. J’essayais d’en sembler le moins dérangée possible. À vrai dire, je n’avais pas trop d’effort à le paraître. Chaque fois, un geste, une odeur ou une exclamation de rire me ramenait à lui. À me rappeler combien je pouvais le détester et l’aimer à la fois. Ça me faisait horriblement mal!

Je me levai donc et me dirigeai vers le bar. Le barman était en train de faire glousser de rire et rougir une petite brune. Pendant que le chum de celle-ci lorgnait les seins de sa voisine, blonde et plantureuse, en bavant. Ça me donnait envie de vomir! L’autre serveur finit par me remarquer et se pencha sur moi afin de prendre ma commande. Peu importe, me dis-je. Pourquoi pas une quatrième bière commerciale? Elle goûtait mauvais, mais elle produisait l’effet que j’attends d’elle, c’est-à-dire de m’engourdir lentement le cerveau pour arrêter de penser.

Je lui avais dit que je la quittais. Pas que je me sentais prêt à me retrouver seul, mais je la faisais souffrir et elle aussi. Je l’avais trompé pour la deuxième fois. Elle m’avait expliqué qu’elle pouvait passer par-dessus, qu’elle en connaissait la cause. Elle me rabattait encore que sexuellement elle était mal à l’aise et qu’elle savait que j’éprouvais des désirs. Mes yeux verts se sont remplis d’un sarcasme cruel. J’ai négligemment ri et elle m’avait giflée.

Je me suis mis en colère. Je lui ai dit qu’elle se trompait de raison et que je ne voulais pas partir à cause de celle-ci. Je lui expliquais que nous parlions à peine depuis un mois et pourtant nous vivions ensemble dans un petit deux et demi. Nous éprouvions un fichu conflit d’horaire! Elle travaillait de nuit et était toujours fatiguée et mon travail se passait de jour, en plus je sortais trop souvent le soir. Et puis, que je rencontrais des filles qui pourraient être présente pour moi, alors que je me débattais dans une relation qui était clairement finie depuis trop longtemps. Elle s’était mise à pleurer. Puis, elle était partie en claquant la porte et en criant que j’avais intérêt à ne plus me trouver ici à son retour.

Je n’avais pas envie de rentrer. Je savais qu’il y aurait des traces de lui partout et que je sentirais son odeur dans mes draps. Je m’imbibais de ma cinquième bière pendant que la petite télévision au dessus du comptoir montrait une publicité de Bleu où les gens semblaient s’amuser. Je levais la mienne à leur santé. Une femme furieuse m’accrocha en passant derrière moi et le verre tomba par terre. Tant pis; je devrais arrêter pour ce soir! Comme si je me devais de rester ici, le serveur vint essuyer ma table en m’en tendant une nouvelle. Il devait bien se divertir à me regarder me souler pour avoir remarqué ce qui était arrivé.

Je fourrais mes trucs dans un sac-poubelle. Je partirai comme j’étais arrivé, comme un vagabond. Je me déclarais que c’était ce que je restais; un itinérant du coeur et un mauvais poète. J’essayais de me sentir coupable de l’avoir trompé; je n’y parvenais pas. Elle s’était envoyé quelqu’un elle aussi, alors qu’elle me disait sans cesse ne pas aimer le sexe.

Je me répétais pour la millième fois qu’il ne pouvait pas partir comme ça. Et voulant effacer ces pensées, je regardais de nouveau le chum de la petite brune, maintenant en grande conversation avec une interminable rousse. Il avait posé sa main sur la cuisse dorée de celle-ci. Quel salaud! Puis, je me disais que je ne devais pas le juger, car j’étais sans doute pire, mais que moi, au moins, j’étais rongée de remords. Je câlais ma bière et me levais quand mon cellulaire sonna.

Elle gardait les clés de ma voiture depuis que la sienne se trouvait au garage. Je devais aller la rejoindre au bar à pied. Heureusement qu’il ne se situait pas très loin. Elle avait parlé la bouche pâteuse comme si elle avait déjà trop bu. Elle ne perdait pas de temps. Soudainement, je m’inquiétai que ça l’affecte plus que j’ai cru qu’elle le serait. Tout de suite en entrant je l’aperçus. Je me rappelai avec un pincement pourquoi je l’avais remarqué la première fois. Elle demeure toujours aussi resplendissante, malgré ses cernes, avec ses cheveux de feu. C’est fini, me dis-je un peu déçu! Je me dirigeai vers elle et mis doucement la main sur son épaule. Elle semblait un peu confuse à cause de l’alcool et perdit l’équilibre. Elle émit quelques mots incompréhensibles et me tendit mes clés. Mes yeux se remplirent de larmes.

J’étais tannée d’attendre. Je me suis levée et me suis retournée. J’arrêtai un moment étant désorienté par mes nombreuses consommations. Quand je me sentais enfin stable, j’avançais et percutais quelqu’un.

- Je suis vraiment désolée Monsieur, bafouillai-je en relevant la tête.

Il possédait les plus beaux yeux verts qu’il m’était arrivé de voir, mais il reflétait tant de tristesse. Je ne pus m’empêcher de vouloir l’aider. Justin était mort depuis deux ans aujourd’hui. Je devais l’oublier!

- Un verre peut-être?
- J’aurais surtout besoin d’un lit, dit-il avec un sourire crispé.
- Un canapé, ça vous plairait, questionnais-je avec une allure quelque peu aventureuse? Et un bon vin bien entendu!

Il me sourit enfin.

January 26, 2007

Comment Atamos renaquit!

Dans Fantasy — Roxy à 10:32 pm

Dans le nord de Tongaï, résidaient des petites exploitations agricoles sur une immense plaine au paysage calme et plat. Rien ne troublait jamais la tranquillité des fermiers sauf le changement des saisons. Dix-neuf années plutôt, dans une des fermes les plus prospères, était né un jeune homme, Derreck d’Amillion, qui rêvait aujourd’hui de partir à l’aventure et devenir Chevalier de Tongaï afin de conquérir le coeur d’une jolie fille de la ville, Émilie de Tongaï, qui venait parfois passer quelque temps au domaine d’Amillion.

Un doux jour de printemps arriva à Amillion un voyageur un peu étrange. Il raconta toute la soirée des légendes, de l’ancienne et de la nouvelle épopée, dont personne n’avait encore entendu parler. Les parents de Derreck lui offrir par conséquent l’hospitalité, car les fermiers devaient se distraire jusqu’au dégel de la terre. Le conteur occuperait donc l’esprit des hommes fébriles qui attendaient patiemment le début des semences. Un soir, que l’on savait le dernier avant l’amorce du travail, le vagabond conta une histoire que l’on disait vrai et qui se narrait partout depuis la fin de la dernière année. On racontait que seulement un des trois valeurs chevalier parties à la découverte du trésor d’Atamos en était revenu et qu’il était un peu fou. Le paladin disait que dans le Mont d’Atamos résidait une caverne remplie de merveilles. Il aurait rapporté de son voyage une unique pierre de Fillite d’un bleu pur taillée magnifiquement en forme d’étoile. Le pauvre fou ne faisait que répéter sans cesse qu’il l’avait volé au maître de la montagne. Comme les travaux de la terre commençaient, les hommes devraient rentrée plus tard et les femmes s’occuper maintenant seule des ouvrages qu’elles s’acquittaient avec leurs maris pendant l’hiver. Le conteur n’ayant plus que l’auditoire enfantin de la ferme décida qu’il était temps de quitter les lieux. Derreck en était déçu, car il adorait les histoires d’aventures, mais lui aussi comme les hommes plus âgés devait entamer les tâches fatigantes. Il tenait tout de même à saluer l’étranger et le remercier de son passage. En donnant la main au voyageur, il remarqua sa bague en or monté d’une étoile bleue céleste qui semblait être en Fillite. Le vagabond lui sourit et lui tourna le dos pour continuer son chemin plus au nord.

Deux jours après le départ du conteur, notre fougueux jeune homme, qui désirait encore plus partir à l’aventure, décida de quitter le prochain vendredi avant l’aube qui réveillait les fermiers. Il prépara donc son voyage en cachette de soir après ces tâches à la ferme. Il ramassa des vivres et les entassa dans une cache derrière la grange. Il amassa quelques armes solides qui avaient servi à son arrière-grand-père à la guerre d’Otimis, son arc et ces flèches. Il prit les maigres économies qu’il avait faites en vendant au paysan de Tongaï des arcs et les flèches qu’ils fabriquaient. Il partit donc sans se retourner vers la ferme de peur de renoncer à son projet. Il passa au village afin de trouver des compagnons de voyage, mais les villageois le regardaient en riant ou en hochant la tête de mépris. Ne voulant pas rester plus de temps en Tongaï, notre jeune aventurier s’acheta un cheval et s’engagea lentement vers le sud-ouest, vers la montagne d’Atamos.

Après cinq jours de marche tranquille, Derreck avait atteint la limite entre les terres de Tongaï et d’Atamos. Au matin, il aperçut derrière lui un voyageur qui peu à peu le rattrapa. Il constata alors que c’était une femme dans ses âges, seule et d’apparence fragile. Il s’inquiéta immédiatement de la voir sans protection. Elle lui exprime le désir de se joindre à lui dans sa quête. Notre jeune aventureux lui dit qu’elle lui apportera probablement plus des soucis que d’aide. Elle lui répliqua qu’elle était magicienne et qu’elle avait déjà accompli avec succès quelques missions. Son regard ardent fit comprendre au fermier qu’il ferrait mieux d’accepter, car elle pourrait finalement lui être utile avec sa magie. Les jours qui suivirent, ils apprirent à se connaître et elle lui cita quelques-uns des pouvoirs qu’elle avait et lui conta ses exploits. S’il n’y avait pas eu Émilie, il serait facilement tombé amoureux de cette belle et mystérieuse femme.

Après plusieurs semaines de voyage, ils arrivèrent enfin au pied d’Atamos, un homme d’un âge avancé les arrêta en leur hurlant tel un prophète de ne pas gravir la montagne, car le maître de celle-ci allait se fâcher et que la terre cracherait le feu. Palley, la magicienne, lui dit qu’ils n’avaient pas peur et qu’il tuerait quiconque leur empêcherait de continuer vers leurs buts. Le vieux fou fuit en criant qu’ils étaient perdus. Cela leur prit quelques jours pour atteindre l’entrée de la caverne sans qu’aucun danger ne se montre. Derreck était fébrile d’aventure palpitante et avait trouvé le voyage long et sans intérêt. Palley l’arrêta avant qu’il entre sous la terre et créa une barrière d’invisibilité pour les cacher. À l’intérieur, ils furent stupéfaits de voir la scène qui s’offrait à leurs yeux. Sur un énorme lit de pierres précieuses et de pièces dorées dormait paisible un gigantesque dragon vert. La magicienne sortit de sa poche une petite flûte et se mit à jouer une douce berceuse magique afin que la créature ne se réveille pas au mauvais moment. Puis, apercevant la peau molle de son poitrail, Derreck se souvint que c’était cette sone sensible qu’il devait viser pour le tuer.

Retenant son arc au dernier moment, il se rappela une vieille légende, le vagabond avait conté qui disait que celui qui vole le coeur d’un dragon deviendrait riche pour l’éternité. Il s’approcha alors de la monstrueuse bête et tendit les mains pour le lui prendre. Au moment où il refermait les doigts sur l’organe palpitant, le lézard ouvrit les yeux. La magicienne sursauta ce qui lui fit abandonner les boucliers d’invisibilité et produire une fausse note dans la berceuse. Derreck se retrouva par conséquent visible pour le maître de la montagne. La créature poussa donc un soupir et s’adressa au jeune audacieux.

- Ô toi, jeune aventurier, qui préféras me permettre vivre et toucher mon coeur au lieu de me donner la mort et de voler cet or que je garde depuis des siècles en attendant le prince à l’âme pure. Ô toi qui te tiens devant moi avec seule arme sa bravoure et qui as su voir la vraie valeur d’une femme, je te promets un royaume riche et une cité que je protégerai si tu acceptes de me laisser mon coeur, car sans lui je ne serais plus jamais en paix et je devrais tuer des milliers d’humains pour m’en reconstruire un!

Derreck hésitant étant informé que les dragons sont des êtres très sournois, mais se disait que s’il exauce sa demande, il sauverait peut-être un grand nombre de paysans d’une mort certaine et il serait riche. Tout en maintenant l’organe, il se tourna vers Palley pour la prendre conseil auprès d’elle, mais celle-ci bien trop impressionnées par la bête ne le regardait pas. Il se retourna donc pour répondre à la créature.

- Qu’aurais-je comme preuve de votre sincérité?

Le lézard se pencha l’air de se questionner, mais en se disant à lui-même que le petit humain était ingénieux et prenait le temps de réfléchir ou de consulter les autres même au moment où la solution était facile à choisir pour un homme simple d’esprit.

- Que voudrais-tu, dis-le-moi? La fortune et l’honneur ne sont-ils pas suffisants?
- La richesse n’est rien sans la santé et la gloire n’est rien sans l’amour, prononça Derreck en riant.

La créature devient alors agitée et grognarde.

- Ce sont là deux choses que je ne peux te donner.

Palley sortit de sa stupeur et s’approcha pour se mêler à la conversation.

- Le coeur de dragon est l’ingrédient principal d’un élixir d’amour et de longévité.

L’énorme lézard fut pris de spasme qui semblait être des rires.

- Je vois, je vois… vous êtes plus coriace que mes derniers visiteurs. Je n’ai jamais tué personne qui n’en voulait à ma vie, je vous demande donc en toute amitié de me le laisser. Je vous autoriserais à prendre tout ce que vous souhaitez même le château d’Atamos.
- Nous pourrions dérober tout cela et l’organe. Richesse, honneur, amour et longévité. Tout! Pourquoi vous épargnerai-je d’ailleurs, s’enquiert Derreck.
- Je garantirais la protection de votre royaume et du trésor. N’avoir aucun ennemi vous assure aussi une longue existence. Vous aurez la conscience tranquille. Et pourquoi utiliser une potion pour créer un faux sentiment? Celui-ci n’existerai pas sans elle et vous le saurais. Ne préfériez-vous qu’elle vous soit vraiment amoureuse de vous?

Derreck se rappela d’Émilie et eut un pincement au coeur. Elle ne l’aimerait sans doute jamais.

- Rien ne prouve encore que tu ne me tueras pas une fois que mes doigts ne toucheront plus ta chaire.
- Ma parole!
- Et, je dois me fier seulement à celle-ci?
- Je m’en ai qu’une.

Derreck lanca un regard complice à Palley. Puis se retourna vers le lézard pour lui expliquer qu’il lui laissera son coeur, mais que la magicienne appliquera un champ d’énergie autour de celui-ci qui le détruirait immédiatement s’il venait qu’à le trahir. La créature accepta même si elle n’était guère enchanté par ce plan. Palley créa une lumière rougeâtre très près de l’organe sous le regard inquiet de l’énorme bête, car en vérité sans coeur il allait mourir.

Ainsi, se reforma, au pied de la montagne, le royaume ancien d’Atamos. On disait le roi bon et héroïque. Après des centaines d’années, on raconte encore qu’un dragon au coeur de feu vient parfois au château. Pleins de légendes chez les ennemis jaloux de la prospérité du territoire raconta que le souverain aurait vendu son âme au diable. Chacun des chevaliers ennemis, qui tentèrent de tuer le lézard, rejoignit leur pays les bras brûler ou ne revenait jamais. Un autre récit montra comment la reine dupa le roi pour s’assurer de son amour, car la magicienne avait caché sa véritable identité en se métamorphosant; Pallay était en fait Émile.

À la mort de la souveraine Émilie Pallay de Tongaï, sa jeune fille hérita de ses dons, de ses grimoires et de son journal intime. Elle précisa dans celui-ci n’avoir aucun pouvoir destructeur, seulement des aptitudes protectrices. Elle disait donc avoir appliqué une barrière de protection en feu sur le coeur du dragon que seul un héros à l’âme pur ne pourra vaincre.

January 1, 1984

L’accident

Dans Suspence — Roxy à 1:00 am

Il faisait très noir cette nuit-là, noir profond comme le plumage du corbeau. La fumée accumulée des cigarettes que fumaient ces amis l’étouffait et lui brûlait la rétine des yeux tellement elle était intense. Personne ne portait de montre et la sienne était désormais brisée. Tous ces amis s’étaient regroupés au chalet de son amoureux afin de fêter son anniversaire. Évidemment, chacun savait ce qui était prévu, on lui avait fait la bascule au bout du quai quand elle était arrivée. Sa montre avait donc arrêté à 18 heures et 39 minutes ; L’heure exacte de sa naissance.

Pendant qu’elle était allée à la toilette s’asperger la figure d’eau fraîche, les autres ramassaient les bières et les verres qui traînaient à l’extérieur. On annonçait une énorme tempête et il y avait risque de tornade, donc la radio déconseillait aux gens de resté dans les lieux isolés en cas de danger extrême. Quand elle eut enfin fini, elle releva la tête rapidement à cause d’un bruit aigu, qui venait de dessous l’évier, et se cogna sur une armoire du haut. Elle sortit donc lentement de la salle de bain. Quelqu’un lui demanda si elle allait bien, mais elle ne se souvient plus qui s’était trop vague.

Alors qu’elle sortait, son automobile s’approcha lentement. Son amoureux l’attendait à l’intérieur et il avait décidé qu’il conduisait. Puisqu’il avait dépassé la limite d’alcool permise amplement, elle avait insisté assidûment pour qu’il lui laisse le volant. Après quelques minutes, elle finit par gagner, car son amoureux s’était endormi sur le criard. À cause du choc que son coup à la tête lui avait procuré, le son lui sembla lointain et difforme dans ses oreilles. De plus, elle avait une petite migraine qui l’agaçait. Elle poussa rapidement son amoureux sur le banc du passager et s’assit. Dès qu’elle eut tourné la clé dans le contact, elle partit de l’avant dans le chemin cahoteux. De plus, il était mal éclairé et les lumières de l’automobile étaient mal nettoyées. Elle devait chercher la route en forçant les yeux, mais la fumée de la fête lui avait embrouillée et fatiguée. Elle accrochait sûrement beaucoup de roche, car elle entendait des bruits sourds qui venaient d’en dessous de l’automobile.

Distraitement elle regarda sa montre, mais se rappela qu’elle était brisée. Pendant ce moment d’inattention, quelque chose frappa le côté droit de la voiture très fortement. Par réflexe vers la gauche et elle se précipitait directement dans un énorme précipice. Elle lançait alors un cri désespéré et appuyait très fort sur le criard de façon saccadée, on aurait dit que le criard retentissait en écho dans sa tête.

Son amoureux se vira alors vers elle est lui parla calmement. « Cathy, Cathy réveille toi ! Ton coup sur la tête t’a fait virer folle… Quelqu’un t’avait demandé si tu allais et tu as dis oui, mais comme tu ne venais pas j’ai pesait sur le criard pendant 5 minutes et j’ai décidé de venir voir si tout allé. Après quelques minutes à bûcher dans la porte, j’ai décidé de défoncer. Aller vient les autres sont devenues fous et joue des musiques en canon avec leurs criards. »

Nostalgie

Dans Amour — Tags: — Roxy à 1:00 am

La rue était étrangement déserte. À peine quelques lueurs, quelques miaulements de chats perdus. Il se disait en lui-même que l’heure tardive pourrait être la raison de tout ce silence ou simplement qu’il croyait que le temps s’était arrêté dans sa tête. Elle l’attendait sur le coin de rue, tremblante, depuis environ une trentaine de minutes. Elle ne tenait pas sur place parce qu’un événement très important était sur le point d’arriver ce soir-là.

Yannick avançait rapidement pour la rejoindre. Il aurait voulu faire plus vite, mais vers une heure du matin les autobus étaient moins fréquents et son corps ne portait plus ses jambes à cause de la fatigue. Il avait hâte de la revoir! Emma c’était celle avec qui il voulait passer sa vie, mais il était trop gêné pour le lui dire. Elle avait la voix étrange au téléphone; C’est la raison qui l’avait poussé à venir la rejoindre aussi tôt dans la matinée. Yann la connaissait bien et ce n’était pas dans ses habitudes de faire des folies comme celle-ci.

Il la voyait de loin, elle lisait un petit papier et regardait un peu partout avec un air perdu et déconcerté. Il faisait très froid dehors et quand il fut plus près, il regarda comme elle était belle avec ces pommettes rougies et son corps qui balançait pour se réchauffer. Il la trouvait magnifique, donc, il décida de l’admirer un peu avant d’aller la rejoindre. Cela le fâchait d’être aussi gêné avec les filles, surtout avec Emma qui était si compréhensible.

Elle avait un air inquiet; il l’appela, donc, en criant son nom afin de se faire remarquer. Elle se retourna et lui fit un sourire plein de soulagement, mais de crainte aussi. En quelques secondes, elle se mit à traverser la rue pour aller le rejoindre. Brusquement, une voiture sortait d’une ruelle sombre et se dirigea droit sur elle. L’automobile noire la frappa violemment. Yan ne se sait plus très bien ce qu’il s’était passé ensuite. Il s’était mis à courir vers elle afin de la rejoindre. Emma était étendue par terre, sans vie, et la voiture avait pris fuite sans s’arrêter.

Elle tenait encore la feuille de papier dans sa main. Yannick la pris et la lut pour tentait de comprend ce qui la dérangeait tant ce soir-là. « Si tu as cette lettre entre les mains, c’est que je n’aurais pas été capable de te dire la chose la plus importante de ma vie en personne et cela me désole de ne pas avoir eu le courage de le faire : je t’aime Yannick! »

Ce jugement pour Gabriel

Dans Suspence — Roxy à 1:00 am

Le fils du juge Talbot avait sauvagement attaqué alors qu’ils revenaient d’une fête sur sa moto avec sa bien-aimée. Le juge avait aussitôt juré que, dès qu’ils seraient arrêtés, ses jeunes payeraient cher la perte de la jambe de son fils et la mort de la copine de celui-ci.

Gabriel avait toujours été un garçon enjoué et plein de vie, mais, depuis l’accident, il ne faisait plus que tourner en rond dans la chambre d’hôpital. Il se plaignait, car son père ne pouvait pas juger les jeunes qui les ont attaqués lui et son amour perdu à cause de leurs liens de parenté. Même si lui et son père avaient toujours eux beaucoup de différends, il voulait que ce soi lui qui leur rende la sentence. Gab voulait que les jeunes paient pour la mort d’Emma, son amoureuse. Évidemment, les enquêteurs cherchaient et trouvaient de plus en plus d’indices, mais il restait toujours à trouver qui avait tout dirigé. Les interrogatoires avaient tous été faits, mais aucun des jeunes ne semblaient connaître le mystérieux homme qui leur avait demandé de tuer Gabriel. Certains avaient reçu leurs ordres par téléphones et d’autres par courriel ou par la poste, mais bien sûr chacun avait pris soin d’effacer les preuves. Un seul avait gardé sa lettre, mais les inspecteurs ni trouva aucune empreinte. C’était sûrement quelqu’un qui en voulait mortellement à Gabriel ou à son père, le magistrat Talbot. Donc, on se mit à enquêter du côté des criminels qui ont été en prison grâce à Monsieur Talbot. Pour des raisons de sécurité, la police plaça un agent près de la chambre de Gab. Cela donnait l’impression à Gabriel d’être lui-même un prisonnier. Ce fut lors d’une douce soirée que l’une des infirmières qui entendit un crie perçant par-dessus la musique. Donc, elles accouraient en toute vitesse pour voir ce qu’il se passait. L’agent était étendu sur le ventre un couteau enfoncé dans le dos. Du sang coulait partout sur le sol de granit blanc et le long des murs beiges. Gabriel lui avait une plaie sur l’épaule d’où sortait abondamment son sang qui tachait ensuite la pâle couverture qui le réchauffait. Vers deux heures du matin, les policiers recherchaient encore des emprunts. Ce serait le dernier incident qui arriverait avant le procès des jeunes qui avaient attaqués Gab, il était primordial de trouver la personne qui voulait la mort du jeune homme avant ou tout simplement des preuves de son existence. Quelques jours plus tard, les jeunes eurent une charge moins lourde que prévu : ils devaient vivre dans une maison de redressement jusqu’à 18 ans, 100 heures de travaux communautaires et un suivi pendant 2 ans de chacun.

Cependant, ce qui fut un drôle d’effet à tout, c’était quand le juge Talbot se leva et fixa son arme sur son propre fils. Il avait crié pour que tout le monde l’entende : « Ceci est mon jugement pour Gabriel ». Deux coups de fusil se firent entendre, l’un toucha le bras de Gabriel et l’autre tua… maître Talbot en le touchant droit au cœur. Certains disent que le juge croyait Gabriel responsable de la mort de sa mère environ 1 an plutôt dans un accident d’automobile dans lequel Gab conduisait. Il n’avait alors que 16 ans et venait d’acquérir son temporaire.

Gaby

Dans Psychologique — Roxy à 1:00 am

Il me semble que la vie a toujours été très répétitive pour moi, j’ai même de la difficulté à faire la différence entre la semaine et le week-end. Ma famille était réglée comme un automate, rien n’arrivait pour rien. Rien ne nous prenait au dépourvu. Vers six heures du matin, j’ouvre les yeux et l’odeur du bacon grillé m’envahit les narines. Je ferme mon réveille-matin, saute du lit et prends les vêtements bien pliés sur la chaise de mon bureau de travail avant de me dirige vers le salon de bain à l’autre bout du couloir. Seulement 15 minutes de relaxation, j’entends mon père frapper à la porte pour me signifier que le temps est écoulé. Quand j’avais dix ans, je m’amusais à compter le temps, ça a toujours été trop juste. J’enfile mes vêtements, pose mon pyjama dans le panier à linge sale à côté de la porte et descends à la cuisine.

Ma mère, débout une demi-heure avant tout le monde, place les assiettes sur la table. Du jus d’orange fraîchement pressé, des œufs, du bacon, des pommes de terre frites et des rôties. Un café pour mon père, un thé pour ma mère et un verre de lait pour moi. Mon père, lui, est dans le salon à fumer la pipe et à lire le journal du matin. Dans quelques secondes, il va nous dire ses préférés.

- Une autre fusillade dans une école secondaire! Si les églises s’occupaient encore de l’éducation, il n’y aurait pas de problèmes comme ça, affirme-t-il.

J’ai une famille très chrétienne. Très pratiquante. Trop à mon goût. Quelques minutes de silence s’écoulèrent et j’entendis rire mon père dans le salon. Il ne rit que très rarement et souvent ce n’est pas drôle.

- Il y a un « fif » qui s’est fait tuer hier soir à Montréal par un gang de rues. Tant mieux pour lui, vivre comme ça…

Son timbre de voix baissa, il devait marmonner quelques insultes. Je n’aime pas lorsque mon père dit des choses de la sorte. J’ai un père tellement chrétien qu’il en est homophobe. Il croit trop la bible au pied de la lettre. Il vit encore selon le mode d’antan, l’homme travaille et la femme demeure à la maison. Elle ne touche jamais aucun argent et lui obéit toujours avec le sourire. Puisque c’est une femme, elle n’a rien à dire sur rien, son opinion n’a pas d’importance. Selon mon père, la femme ne sert encore qu’à faire le ménage et les repas. La seule raison qui fait que je n’ai pas 12 frères et sœurs c’est que mon père a eu un cancer de la prostate et qu’il est devenu stérile.

- Ils l’ont attaché à un arbre et ils l’ont battu à mort, dit-il en riant grossièrement.

Ma mère émet un faible bruit de mécontentement à côté de moi, mais ne parla pas. Elle n’a jamais appuyé les opinions de mon père.

- Tu ne devrais pas dire des choses comme ça, c’est un humain. Il est seulement homosexuel ça ne change pas sa nature, dis-je.
- Je ne t’ai pas dit de m’interrompe! Ce n’est pas des humains, c’est des aberrations! Leurs âmes sont souillées de péchés et le diable les rend aveugles, s’exclame-t-il d’une voix colérique. C’est des « fifs », des tapettes!

L’homosexualité est un sujet sensible dans la famille. C’est surtout celui de mon père et celui de l’Église à vrai dire! Pour mon père, c’est une des pires choses au monde. J’ai une cousine qui a déclaré son homosexualité l’année dernière. Maintenant, plus personne ne parle d’elle, comme si elle était morte. Mon père ne parle même plus à son propre frère, qui a accepté la décision de sa fille. J’entends encore dans ma tête ce que mon père a dit en revenant du souper où ils l’ont annoncé au reste de la famille. « Faut que ça vienne de quelques parts, C’est probablement contagieux! »

Mon père dépose son journal sur le fauteuil, vient s’asseoir à table alors que moi et ma mère la quittons. Ma mère commence la vaisselle, pendant que lui mange et que je me brosse les dents. Quand mon père a terminé, elle va desservir la table et finir de laver le reste de la vaisselle. Moi, je prépare mon dîner rapidement. La sonnerie de porte se fait entendre. Mon père toussote.

- Marie va répondre, ordonne-t-il.
- Laisse faire maman, ce doit être Isabelle, dis-je immédiatement après l’ordre de mon père.

Mon père fit de gros yeux l’air contrarié, mais ne dit rien puisqu’il sait qu’à cet instant c’est toujours Isa qui se présente à notre porte. Je ramasse mon sac, embrasse ma mère avant de me diriger vers la porte.

- Bonne journée, criai-je avant de sortir!

Je me sens enfin libre. Je regarde mon amie et lui fais le plus beau des sourires. J’aime vraiment la voir chaque matin, c’est ma meilleure amie.

- Deuxième semaine de cours, dit-elle.

Nous venions de recommencer le collège et chaque matin Isabelle passe me chercher pour se rendre à nos cours. Isa, c’était la fille dont tous les hommes rêvaient, mais qu’aucun n’aura, car elle partage sa vie avec Julie depuis maintenant trois ans. Évidemment, mon père ne le sait pas. Je ne devais même pas le savoir, même Isabelle ne sait pas que je suis au courant. J’envie souvent Julie! Isa est tellement belle. Environs cinq pieds six pouces, cheveux noirs jusqu’au milieu du dos et de magnifiques yeux bleu océan. Sans contredit, les plus jolis yeux de Shawinigan.

Nous allons, ensuite, chercher Julie chez elle. Elle aussi est très jolie. Environ quatre pieds sept pouces, quelque peu ronde, les cheveux blonds courts avec des mèches brunes et les yeux noisette. Nous passons toujours chez Julie en second, car elle a un « piercing » au sourcil. Vous aurez sûrement deviné que mon père n’aime pas tellement ça. Pour lui, c’est rattaché au rituel païen des indiens alors c’est automatiquement mal.

- Allô vous deux, dit Julie qui attendait sur le perron.

Elle distribue des bisous. Je sais très bien qu’elle a pris cette habitude pour Isabelle. Puis, après ces accolades, nous nous dirigeons vers le collège. En attendant le cours, nous nous asseyons dans le couloir et parlons un peu. Isabelle et Julie commentent sur quelques jolis jeunes hommes qui passent devant nous.

- Regardez, regardez! Celui-là est pas mal « cute », dit Julie.

Le garçon en question se retourne vers nous et sourit. J’ai l’impression qu’il me regarde, un sentiment étrange m’envahit. Isa glousse à côté de moi et se penche sur Julie pour lui dire quelques choses. Julie rougit un peu. Julie est bisexuelle!

L’heure du cours approche, Julie se lève, elle fait des bisous, une fois de plus, et part vers sa classe. Isabelle et moi sommes dans le même programme donc Julie, qui n’a pas le même, se retrouve souvent dans des cours différents des nôtres.

Un cours de littérature le lundi matin, je trouve ça un peu pénible. Isa et moi trouvons un endroit libre pour nous asseoir. Le beau jeune homme de tout à l’heure entre dans le local l’air incertain et regarde son horaire. Il doit s’être trompé, il n’était pas dans notre groupe la semaine dernière. Il lève les yeux, me voit et vient s’asseoir à côté de moi.

- Bonjour, dit-il avec un étrange accent.
- Allô, répondis-je d’un air timide.

L’enseignement rappelle tout le monde à l’ordre et débute son cours : littérature québécoise. Elle parle et parle. Soudainement, la classe fût silencieuse et une voix familière se fait entendre. Isabelle me parle, je me retourne pour la regarder et j’entends l’enseignante qui me dit un peu plus fermement :

- Vous pouvez me lire l’extrait de « La romance du vin » de Émile Nelligan.

Je rougis légèrement. J’étais en train d’épier mon voisin. Il a une posture masculine. Environ cinq pieds neuf pouces, un menton carré, les cheveux châtain clair et les yeux vert pomme. Il a une odeur de cannelle qui plane autour de lui. Ce devait être son parfum. J’espère, en secret, qu’il n’a pas remarqué l’intensité de mon regard et considère le texte dans l’anthologie.

- « Les cloches ont chanté; le vent du soir odore…
Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,
Je suis gai, si gai, dans mon rire sonore,
Oh ! si gai, que j’ai peur d’éclater en sanglots ! », lis-je timidement.

L’enseignante explique que Nelligan était un auteur homosexuel du 19e siècle. Puis, elle nous propose d’aller à la pause, le cours continuera dans 15 minutes. Je me tourne pour parler avec le nouveau, mais une brunette se jette littéralement sur lui. Je me dis qu’elle a probablement plus de chance que moi et je me retourne pour rejoindre Isa. Je me sais plus quoi penser! Est-ce que j’aime les garçons ou les filles?

- Il a l’air sympathique, dit Isabelle.

Julie arrive derrière moi. Encore des bisous. Elle en offre beaucoup aujourd’hui. Isabelle semble mal à l’aise. Je souris et invente un besoin pressant d’aller à la toilette. Elle ne s’était pas vue du week-end. À mon retour, en sortant de la salle de bain, je percute quelqu’un dans le couloir.

- Oh! Pardon, dis-je en commençant à lever les yeux pour voir qui est devant moi.

Avant même de l’avoir fait, j’ai eu ma réponse, car j’ai reconnu son accent.

- Ce n’est pas grave, dit-il, mais fais attention à toi.

Il me sourit. Mon regard reste accroché à ses yeux. Je reste là, à ne rien dire.

- Je crois que nous devrions rejoindre le local, continue-t-il?
- Bien sûr, répondis-je en souriant! L’air un peu étourdit.

Il se présente. Il se prénomme Nicolas et vient du Portugal. Il était emménagé au Québec avec ses parents à Montréal depuis près de quatre ans. Il est parti de là-bas cet été pour continuer ses études loin de la grande ville.

- J’ai pointé sur la carte du Québec et j’ai pris la ville qui avait un collège la plus près de celle-ci. Je suis tombé sur Grand-Mère, me dit-il.

Julia passe à côté de moi l’air découragé et Isabelle entre dans le local sans m’attendre. Je me dis que je n’aurais peut-être pas dû les laisser seules finalement. Durant tout le cours, Isabelle avait une tête d’enterrement. Après le cours, je demande à Nicolas de venir dîner avec nous. Nous attendons Julie quelques minutes, mais elle ne vient pas nous rejoindre. Nous nous rendons donc à la cafétéria. Isabelle boude, pendant que je parle avec Nicolas de tout et de rien. Isabelle voit Julie entrer dans la grande salle, mais celle-ci s’assoit ailleurs. Je m’excuse et me lève pour aller la rejoindre. Isabelle émet une faible protestation. Je vais m’asseoir tout de même à côté de Julie.

- Je n’ai pas envie de parler, dit-elle bêtement.
- Ça ne sert à rien d’être fâché!
- Tu ne peux pas comprendre, dit-elle les yeux en larmes.
- Ça arrive souvent les chicanes de couple, sauf s’il s’agit de mes parents, dis-je avec un demi-sourire. Tu sais, ça fait longtemps que je sais pour elle et toi, mais je ne savais pas comment vous en parler. Alors, tu arrêtes de bouder et ce soir, nous allons clarifier ça ensemble. Allez, viens.
- Julie, bouche bée, me suit.

À la fin de la journée, Nicolas nous rejoints à la sortie du collège. Nous allons, donc, reporter notre conversation à plus tard. Julie donne tout de même plus d’intensité dans ses bisous à Isabelle, ce qui me fait sourire. Puis devant chez moi, Isabelle me souhaite une bonne soirée et part l’air un peu perdu. Je me dirige vers la porte quand soudainement Nicolas me parle :

- Gaby! Je sais qu’on ne se connaît pas très gros, mais… Je comprendrais, si tu voulais plus me parler, dit-il embarrassé. Comment dire? Je te trouve de mon goût.

Je reste là à ne rien dire. Je ne sais vraiment pas quoi répondre. Je dois, encore, le regarder d’un air étrange.

- Je suis désolé, dit-il. Je n’aurais pas dû te dire ça. Je suis bête.

Il se tourne pour partir.

- Moi aussi!
- Il se retourne vers moi. Je lui tourne le dos pour cacher mon tracas.
- Je n’ai jamais vraiment fréquenté quelqu’un, dis-je un peu gêné.

Il vient se placer devant moi et il m’embrasse. Quand j’ai ouvert les yeux, je croise ceux de mon père sur le perron.
Sale homo, sale « fif ». Tu me déshonores. Tu n’es qu’une tapette. Tu ne mettras plus jamais les pieds dans ma maison. Tu n’es plus mon fils, tu n’existes plus pour moi.
Pourtant, mon père n’entre qu’à cinq heures et demie de travailler. Il n’est que quatre heures.

Fille de joie

Dans Suspence — Roxy à 1:00 am

Elle avait enfin trouvé un autre manoir de l’autre côté de la montagne. Cette course infernale l’avait complètement épuisé. Dame Katia Courivaud s’écroula devant la porte dans un bruit net et silencieux, mais finalement le maître de la demeure la trouva évanouie à son retour de l’église. Il l’apporta dans son salon où un foyer était allumé puisque la femme corps de la femme était dangereusement gelée. Il savait qu’elle pourrait être une des filles de joie du manoir voisin. Elle se mit dans murmure faible à lui raconter une histoire un peu dégradée par sa fièvre divagatrice. L’homme en retint quelques phrases qu’il nota sur une feuille. Il voulait plus tard reconstituer ce qu’elle avait dit.

Ce matin, d’immenses nuages de pluie couvraient le ciel entièrement. En chemin vers le manoir du fiancé de sa sœur, une roue de la carriole s’était enlisée dans la glaise et, quand les escortes l’ont libérée, le bois avait fendillé et courbé. Katia avait donc continué le chemin à pied, avec certains de ses hommes de main, vers un manoir inconnu. Malgré le mauvais temps, elle avait remarqué le bon goût de son hôte. Des fontaines ornaient le balcon de chaque côté, au pied des larges fenêtres en arche. Des jardins d’églantines jonchaient le chemin et des saules pleureurs dominaient la façade du manoir. Ce manoir qui était lui-même très remarquable pas la blancheur neige de ses murs et par les larges rideaux bourgogne des fenêtres qui ajoutaient un contraste grandiose. Katia croyait avoir enfin trouvé un endroit convenable pour s’abriter et se reposer avant de repartir. Une de ses escortes était allée demander l’hospitalité. Environ une heure plus tard, s’était présentée à la porte une belle femme aux traits enchanteurs d’une fée qui seulement par un sourire détruisait la beauté de Dame Courivaud qui est elle-même d’une joliesse inouïe. La belle finit par dire de sa douce voix chatoyante :

- Que puis-je faire pour vous ?
- Dame Katia Courivaud, ma maîtresse, demande hospitalité dans votre demeure, répondit le valet quelque peu étourdit par la dame qui se tenait devant lui.
- Que son vœu soit exaucé !

Alors, Katia arrêta d’admirer la colonne qu’elle observait avec un intérêt grandement connaisseur dans la décoration de demeures et entra dans ce merveilleux manoir. Elle fut alors encore plus enchantée en voyant la décoration intérieure de cette grande demeure. Il y avait là des œuvres d’art, des sculptures, des peintures connues du seizième siècle qu’elle ne savait pas reconnu par les peuples de la Nouvelle-France. Une autre femme tout aussi belle que la première logea les escortes de Dame Courivaud dans des chambres, pendant que Leslie, la servante qui les avait accueillis, dirigeait Katia dans une autre pièce.

- Je vais vous préparer à la rencontre avec mon maître madame, dit Leslie.
- Quand aurais-je l’honneur de le voir ? Interrogea Katia.
- Au dîner.

Leslie se mit alors à boucler les cheveux noirs de Katia et lui fit enfiler une robe couleur vin au long décolleté décoré de dentelle noire et de perle au reflet rose crème. Quand elle vit pour la première fois le maître de maison, il était assis au bout d’une grande table ornée d’ivoire. L’homme se retourna vers elle pour lui souhaiter la bienvenue et elle en resta paralysée sur place. Devant elle, se tenait le plus bel homme qu’elle avait vu jusqu’à ce jour. Grand, à la peau légèrement brunit par le soleil, sûrement par de grande journée de chasse, aux cheveux noir jais et aux yeux du bleu éclatant qui rendait son regard impossible à soutenir et même à vous en faire rougir. De jalousie si s’avérerait que vous soyez un homme et de gêne si vous êtes une femme. Il répéta alors sa phrase de sa voix mielleuse puisqu’elle ne semblait pas l’avoir compris.

- Que madame soit bienvenue dans ma demeure.
- Merci, répondit Katia avec une politesse émerveillée.
- J’espère que votre séjour vous plaira, répondit l’homme en ricanant et en soutenant le regard de Katia en attendant sa réaction.

Soudain Katia se posa des questions. Partout, elle ne voyait que de belle femme au trait plein de grâce et de beauté. À la table où elle était assise, le seul homme qui était visible était le propriétaire de la demeure, les vingt autres personnes étaient des femmes ou des adolescentes.

- Où sommes-nous ? Questionna Katia.
- Vous ne l’aviez pas encore devinez, dit l’homme en hochant la tête. Dans la maison du plaisir et cette maison sera la vôtre pour le restant de votre vie chère dame.

La réponse fut accompagnée par les rires des autres femmes et ses rires se mirent à tourbillonner dans la tête de Katia. Puis, Katia se leva et se mit à courir. Ayant regardé tout ce qu’elle voyait avec attention, elle retrouva facilement la sortie. Dehors, elle prit la fuite vers la forêt qui l’abriterait des regards plus facilement. Elle fut poursuivie par des écuyères jusqu’à la frontière du manoir puisque après elles n’étaient plus protégées par la position élevée de leurs maîtres. Ce qu’elles auraient pu faire, auraient pu être punis par quelqu’un d’autre de moins protecteur et permissif à leurs égards.

- Personne, jamais personne ne croira à votre histoire ! Cria une d’entre elles.

Pourtant, un homme l’a cru, cet homme qui lui a offert son hospitalité quand elle n’avait l’air que d’une mendiante évanouie sur le perron d’un riche marchand de la Nouvelle-France. Katia prit du temps à se remettre de son aventure, elle ne s’était même jamais rendue au mariage de sa sœur et aucun valet ne put annoncer sa disparition, car eux-mêmes avaient disparu. Les autorités avaient retrouvé la carriole avec les deux hommes qui la gardaient dévorée parce que l’on croyait des loups. Dame Courivaud fut donc annoncé comme mort à sa famille. Tous le croyait jusqu’au jour où toute la famille reçue une invita pour le mariage de Dame Lucia Vertès et que tous s’y rendit. Le jour du mariage, on remit à chacun l’histoire « Fille de joie » et chacun sut la vérité.

Beauté éphémère

Dans Psychologique — Roxy à 1:00 am

Êve a l’impression aujourd’hui que le temps s’est appliqué à ressembler à sa vie. Aussi, que le froid hivernal et les arbres dévêtus contribuent à sa déprime. Elle se rappelle la dispute qu’elle avait eue avec son frère plutôt dans la semaine.

Il avait beau lui répéter qu’elle n’était pas grosse; elle ne le croyait pas! Après quelque temps, il était parti en claquant la porte. Elle était restée seule une trentaine de minutes puis son amoureux, Éric, était arrivé. Son frère avait téléphoné Éric pour lui raconter le problème. Éric avait proposé à Êve d’aller manger au restaurant puisque c’était son anniversaire aujourd’hui. Elle avait eu ce jour-là 18 ans. Devant ses protestations, Éric s’était fâché et lui avait crié que ce n’était pas raisonnable de ne pas manger. Selon son compagnon, la passion de Êve à devenir mannequin allait trop loin. Il l’avait donc agrippé et obligé à venir jusqu’à la voiture avec lui. Pendant que les voitures défilaient, Êve sentait qu’une boule de chagrin lui enflait la poitrine. Cela ne faisait qu’empirez son dégoût, car elle sentait déjà grosse dans son manteau d’hiver.

Éric dans sa tête pestait contre les automobilistes de Montréal et que la visibilité était mauvaise. Ce n’est qu’à la dernière minute qu’il a vu la voiture qui venait sens inverse et qu’il n’y avait plus d’espoir pour se tasser. Elle s’était réveillée plus tard à l’hôpital. Des éclats de verre avaient atteint son visage à plusieurs endroits. Êve paniquait!

Aujourd’hui, elle se demande encore pourquoi c’est arrivé à elle. Elle, la blonde aux yeux bleus, qui lutte désespérément pour être la plus belle au monde, qui veut être mannequin, ne peut pas ressemblait à se grossier personnage qu’elle voit maintenant dans le miroir. Quand dans l’après-midi, son frère viendra la chercher pour la faire sortir de l’hôpital, il trouvera son corps inerte sur le lit. Son visage regardant l’hiver glacial comme ce matin. Sauf qu’à ce moment, elle ne pensera plus à cette dispute. Elle se sera perdue dans le néant et comme seule explication, il trouvera cette mince feuille qu’elle tient dans sa main froide. L’explication la plus plausible selon elle.

La beauté occupe une place primordiale dans le monde d’aujourd’hui. J’étais déjà morte puisque j’étais devenue laide. Adieu. Je t’aime. Êve.

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