Elle avait enfin trouvé un autre manoir de l’autre côté de la montagne. Cette course infernale l’avait complètement épuisé. Dame Katia Courivaud s’écroula devant la porte dans un bruit net et silencieux, mais finalement le maître de la demeure la trouva évanouie à son retour de l’église. Il l’apporta dans son salon où un foyer était allumé puisque la femme corps de la femme était dangereusement gelée. Il savait qu’elle pourrait être une des filles de joie du manoir voisin. Elle se mit dans murmure faible à lui raconter une histoire un peu dégradée par sa fièvre divagatrice. L’homme en retint quelques phrases qu’il nota sur une feuille. Il voulait plus tard reconstituer ce qu’elle avait dit.
Ce matin, d’immenses nuages de pluie couvraient le ciel entièrement. En chemin vers le manoir du fiancé de sa sœur, une roue de la carriole s’était enlisée dans la glaise et, quand les escortes l’ont libérée, le bois avait fendillé et courbé. Katia avait donc continué le chemin à pied, avec certains de ses hommes de main, vers un manoir inconnu. Malgré le mauvais temps, elle avait remarqué le bon goût de son hôte. Des fontaines ornaient le balcon de chaque côté, au pied des larges fenêtres en arche. Des jardins d’églantines jonchaient le chemin et des saules pleureurs dominaient la façade du manoir. Ce manoir qui était lui-même très remarquable pas la blancheur neige de ses murs et par les larges rideaux bourgogne des fenêtres qui ajoutaient un contraste grandiose. Katia croyait avoir enfin trouvé un endroit convenable pour s’abriter et se reposer avant de repartir. Une de ses escortes était allée demander l’hospitalité. Environ une heure plus tard, s’était présentée à la porte une belle femme aux traits enchanteurs d’une fée qui seulement par un sourire détruisait la beauté de Dame Courivaud qui est elle-même d’une joliesse inouïe. La belle finit par dire de sa douce voix chatoyante :
- Que puis-je faire pour vous ?
- Dame Katia Courivaud, ma maîtresse, demande hospitalité dans votre demeure, répondit le valet quelque peu étourdit par la dame qui se tenait devant lui.
- Que son vœu soit exaucé !
Alors, Katia arrêta d’admirer la colonne qu’elle observait avec un intérêt grandement connaisseur dans la décoration de demeures et entra dans ce merveilleux manoir. Elle fut alors encore plus enchantée en voyant la décoration intérieure de cette grande demeure. Il y avait là des œuvres d’art, des sculptures, des peintures connues du seizième siècle qu’elle ne savait pas reconnu par les peuples de la Nouvelle-France. Une autre femme tout aussi belle que la première logea les escortes de Dame Courivaud dans des chambres, pendant que Leslie, la servante qui les avait accueillis, dirigeait Katia dans une autre pièce.
- Je vais vous préparer à la rencontre avec mon maître madame, dit Leslie.
- Quand aurais-je l’honneur de le voir ? Interrogea Katia.
- Au dîner.
Leslie se mit alors à boucler les cheveux noirs de Katia et lui fit enfiler une robe couleur vin au long décolleté décoré de dentelle noire et de perle au reflet rose crème. Quand elle vit pour la première fois le maître de maison, il était assis au bout d’une grande table ornée d’ivoire. L’homme se retourna vers elle pour lui souhaiter la bienvenue et elle en resta paralysée sur place. Devant elle, se tenait le plus bel homme qu’elle avait vu jusqu’à ce jour. Grand, à la peau légèrement brunit par le soleil, sûrement par de grande journée de chasse, aux cheveux noir jais et aux yeux du bleu éclatant qui rendait son regard impossible à soutenir et même à vous en faire rougir. De jalousie si s’avérerait que vous soyez un homme et de gêne si vous êtes une femme. Il répéta alors sa phrase de sa voix mielleuse puisqu’elle ne semblait pas l’avoir compris.
- Que madame soit bienvenue dans ma demeure.
- Merci, répondit Katia avec une politesse émerveillée.
- J’espère que votre séjour vous plaira, répondit l’homme en ricanant et en soutenant le regard de Katia en attendant sa réaction.
Soudain Katia se posa des questions. Partout, elle ne voyait que de belle femme au trait plein de grâce et de beauté. À la table où elle était assise, le seul homme qui était visible était le propriétaire de la demeure, les vingt autres personnes étaient des femmes ou des adolescentes.
- Où sommes-nous ? Questionna Katia.
- Vous ne l’aviez pas encore devinez, dit l’homme en hochant la tête. Dans la maison du plaisir et cette maison sera la vôtre pour le restant de votre vie chère dame.
La réponse fut accompagnée par les rires des autres femmes et ses rires se mirent à tourbillonner dans la tête de Katia. Puis, Katia se leva et se mit à courir. Ayant regardé tout ce qu’elle voyait avec attention, elle retrouva facilement la sortie. Dehors, elle prit la fuite vers la forêt qui l’abriterait des regards plus facilement. Elle fut poursuivie par des écuyères jusqu’à la frontière du manoir puisque après elles n’étaient plus protégées par la position élevée de leurs maîtres. Ce qu’elles auraient pu faire, auraient pu être punis par quelqu’un d’autre de moins protecteur et permissif à leurs égards.
- Personne, jamais personne ne croira à votre histoire ! Cria une d’entre elles.
Pourtant, un homme l’a cru, cet homme qui lui a offert son hospitalité quand elle n’avait l’air que d’une mendiante évanouie sur le perron d’un riche marchand de la Nouvelle-France. Katia prit du temps à se remettre de son aventure, elle ne s’était même jamais rendue au mariage de sa sœur et aucun valet ne put annoncer sa disparition, car eux-mêmes avaient disparu. Les autorités avaient retrouvé la carriole avec les deux hommes qui la gardaient dévorée parce que l’on croyait des loups. Dame Courivaud fut donc annoncé comme mort à sa famille. Tous le croyait jusqu’au jour où toute la famille reçue une invita pour le mariage de Dame Lucia Vertès et que tous s’y rendit. Le jour du mariage, on remit à chacun l’histoire « Fille de joie » et chacun sut la vérité.